* Bienvenue sur Le site de Mr MEDJDOUB Hamed, Auteur et Chercheur spécialisé en Economie mondiale, Relations internationales et Prospectives ... E_mail: hamed_eco16@yahoo.fr / sensdumo@sens-du-monde.com / contact@sens-du-monde.com
     

INTRODUCTION

     

        juil 4nd, 2012

    Les nouveaux principes de l’Histoire

        Il est remarquable que les drames qui ont ensanglantés le monde en 1914-1918 et 1939-1945 n'aient eu à peu près aucun écho philosophique en Occident. Les deux grandes doctrines qui étaient le fondement de la pensée occidentale contemporaine, à savoir la phénoménologie de Husserl (le terme ne doit pas être pris dans le sens hégélien) et l'existentialisme (Kierkegaard, Jaspers, Heidegger) sont nés avant la Première guerre mondiale et les bouleversements dans le monde ne les ont pas transformés. La philosophie de Jean-Paul Sartre n'a fait que reformuler la métaphysique de Martin Heidegger. L'Être dans le Temps à l'Être dans le Néant. Le déclin de l’Occident se retrouve d'une certaine façon dans la « Nausée » de J.P. Sartre. Un je ne sais ce que je suis !
    Depuis les philosophes occidentaux tournent en rond dans le questionnement sur les fins ultimes de l'Histoire. Les deux Guerres mondiales, qui ont été des « Contingents historiques majeurs » que nous aurons à préciser et ont permis la libération de continents entiers, remettent en cause les présupposés concepts husserlien.  En séparant l’Europe des autres humanités comme l'unique peuple qui sache l'être et le vrai, Husserl voulait une Europe encore capable d'agir sur les autres humanités du monde. Il écrit que « par elle seule sera décidé si l'humanité européenne porte en soi une Idée absolue au lieu d'être un simple type anthropologique comme la Chine ou les Indes; et décidé du même coup si le spectacle de l'européisation de toutes les humanités étrangères annonce en soi la vaillance d'un sens absolu, relevant du sens du Monde et non d'un historique non-sens » (Krisis, § 6).
    Le déclin de l'européanisation du monde, surtout à la fin du XXe siècle, et l'avènement de deux phénomènes « l'islamisation et la sinisation » sont devenus le contraire de la prédiction husserlienne qui était dès le départ entachée par l’euphorie et l’illusion que l'avancée occidentale dans la civilisation sur les autres civilisations a fait accroire. Faisant oublier dans l’ascension de l’Europe par ethnocentrisme que grandeur et décadence sont le lot des civilisations. Définissant comme sauvages ou barbares les civilisations des autres continents, oubliant que, par le passé, l’Occident était sauvage et barbare et que la civilisation à laquelle l’Occident est parvenue le doit beaucoup aux autres civilisations.
    Il s'agit donc pour l'Occident au mieux de comprendre la situation pour sortir de ce préjugé que la civilisation occidentale est seule détentrice de la vérité civilisatrice. Si la philosophie occidentale naguère prolifique a baissé le rideau, le vide philosophique s’est trouvé combler par les experts de l’histoire, mieux armés pour analyser ce retour du temps. Ainsi la parole a été donnée à Oswald Spengler, Paul Kennedy, Samuel Huntington, Francis Fukuyama…  et d’autres non moins célèbres. Même des hommes politiques furent de la partie : Henri Kissinger, Zbigniew Brzezinski…
    - Samuel Huttington recommande dans « The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order » (1996) le repli des États-Unis, de rendre plus lâche l'alliance avec l'Europe et d'abandonner les deux piliers stratégiques que sont le Japon et Israël parce qu'ils sont frappés d'altérité culturelle. Il conteste même l'universalisation de la langue anglaise. Et si ces recommandations sont « prémonitoires » ? En prenant en compte l’ « accélération de l’Histoire ».
    - Paul Kennedy dans « The Rise and Fall of Great Powers » (1988), donne une vision d'une Amérique en déclin, attesté par les chiffres.
    - Fukuyama émet l'hypothèse de la « Fin de l'Histoire ». S'inspirant de Hegel, il énonce que l’Amérique est partie du triomphe et va inexorablement vers l'inutilité pour les autres nations. Pour lui, la démocratisation en marche dans le monde mettra fin à l’hyperpuissance. Quant à l'effondrement de l’Union soviétique et des pays satellites, il ne serait qu'une étape dans la marche de l'humanité, succédant à l'étape que fut l'émergence de la démocratie en Turquie et dans les pays latino-américains dans les années 1980, précédée elle-même par la chute des dictatures de l'Europe du Sud, au Portugal, en Espagne et en Grèce, au milieu des années 1970. Il y a en effet dans cette hypothèse une dialectique dans l’histoire qu’il faut cependant l’étayer par la « Raison » dans l’Histoire.
    Les trois approches ont beaucoup de points communs, et, en tout état de cause, parce que ce sont les événements politiques dans le monde et leur évolution qui les ont laissés transparaître. Cependant il y a aujourd’hui une situation inquiétante en Occident dans son refus d’accepter que ce qui a été considéré naguère de non-civilisations sont en fait des civilisations qui sont en train de se révéler et de « monter ». Mais ce que l’Occident oublie c’est que l’humanité avance en âge comme l’homme avance dans le temps. Celui-ci grandit, vieillit et meure pour laisser place aux autres générations. Il en va de même pour les civilisations. Comme les hommes ont le souvenir de leurs aïeux, les civilisations ont le souvenir de leur passé. Aujourd’hui, une marche inexorable de l’Histoire que l’Occident refuse est en cours, et cette menace fait planer un autre « Contingent historique majeur », à l’instar des deux « Contingents historiques » de la première moitié du XXe siècle.
    Précisément, c’est dans l’étude dialectique des « Contingents historiques » que nous pourrions mieux saisir le développement du monde. Que les « Contingents historiques » ne sont en fait que les leviers de la « Nécessité » qui s’expriment dans le « devenir du monde » à l’insu des hommes. Si une explication logique pouvait ressortir, non seulement elle pourrait être utile pour l’homme, mais pourrait en touchant l’« essence des événements » telles les guerres et les crises permettre à l’entendement de l’homme d’aborder mieux le « sens » par exemple de cette puissance de l’Occident qui se développe dans l’impuissance. Et ce n’est là qu’un aspect des problèmes du monde, d’autres aspects pourraient apparaître permettant à l’homme de comprendre mieux son devenir.
    C’est l’ambition de cette étude, qui n’est qu’en balbutiement, mais en cours... et dont quelques parties sont déjà exposées dans cet essai.  Et qui sera complété au fur et à mesure de son développement.

    L’Auteur

    N.B.

    La plupart des articles qui se trouvent dans ce site ont été publiés dans des quotidiens algériens, agoravox.fr, ou repris par de nombreux sites de différents horizons.

 

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